René Descartes s’est trompé, et pour le bien de tout le monde, il est temps de le dépasser

La dichotomie corps-esprit fut l’erreur philosophique la plus impactante pour notre civilisation. 
Elle conçut corps et esprit comme séparés. Elle prétendit notre vision du monde, notre intelligence mais aussi notre santé mentale ou nos émotions comme indépendants des fonctionnements physiologiques de notre corps ; c’est le « Je pense donc je suis » : ce qui fait de moi un individu est ma voix interne ; cette voix est mon âme, et mon âme est libre de ce simple tas de chair qu’est mon corps.

La dichotomie corps-esprit façonna notre vision de nous-mêmes et donc comment la société s’organisa autour de nous et pour nous.

Par exemple, elle orienta la médecine vers une médecine dichotomique et ultra-spécialisée : il fallait soigner d’un côté le corps et de l’autre l’esprit, avec peu de ponts entre les deux. 
Elle créa la théorie « de la page blanche », selon laquelle nous naitrions vierges de tout héritage, que ce qui construirait notre identité serait seulement notre éducation et la culture dans laquelle nous avons beigné. De ce fait, les responsables de nos maux seraient les autres, mais jamais nous-mêmes.
Elle allait ensuite expliquer que les spécificités fondamentales des êtres humains entre les individus, entre les sexes ou entre les peuples, étaient des inconvénients à mettre sous le tapis plutôt que des richesses prêtes à s’ouvrir à nous si nous les comprenions.
Et elle allait servir à définir les gens comme nous les voulons plutôt que comme ils sont, pour ensuite les mélanger brusquement, et prétendre que leurs cultures, leurs religions et leurs traditions étaient de simples histoires à effacer s’il fallait en recréer de nouvelles qui nous arrangent mieux.

En réalité, la page n’est pas blanche mais remplie d’ébauches que la vie va redessiner et remplir de couleurs.

L’épigénétique nous apprend que nous héritons de vécu de nos grands-parents. La génétique se modifie avec les conditions de notre environnement, et l’interaction entre notre corps et notre environnement façonne les profondeurs de notre psychologie. Nos bactéries intestinales influencent notre santé mentale, notre cœur envoie encore plus d’informations au cerveau que l’inverse, nos émotions sont le produit d’une coopération complexe entre cerveau, système nerveux, système hormonal, cœur et respiration. Tout est lié. Même nos croyances sont en fonction de notre biologie : notre conception du paradis comme une terre dans le ciel est issue du profil même de notre système de la récompense, le système dopaminergique, qui nous enjoint à fantasmer un lieu où ne pouvions aller jusqu’à récemment.

Nous sommes quelqu’un de différent à chaque milliseconde. Toutes nos cellules se régénèrent et meurent en permanence. Notre ego est une collection de souvenirs qui sont des informations du monde absorbées dans la mémoire. Il n’y a pas de « fantôme dans la machine ». 
Cela signifie-t-il que notre réalité soit purement matérielle, que notre conscience émerge simplement de notre cerveau ou que nous soyons des machines biologiques ?

Non.

Parce que là où la pensée occidentale se trompa encore, c’est quand elle jeta la spiritualité avec l’eau de la religion, puis pris le matérialisme pour seule vérité. 
De façon ironique pourtant, les progrès scientifiques nés de ce même matérialisme nous amènent aujourd’hui au grand changement de paradigme, peut-être le plus grand de l’Histoire, celui de l’union de la science et de la spiritualité.

Il n’y a pas de dichotomie corps-esprit. 
Notre corps et notre esprit sont un, et ce un est le monde.
Quant au monde, il est une âme, et notre âme c’est le monde.

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