Devenir une éponge à émotions positives : le rire (base de travail)

Parmi tous mes cours pendant mes études supérieures, la psychologie cognitive était l’un de mes préférés.

Un jour en classe, le professeur a abordé le sujet du sourire.

Elle voulait discuter d’une étude en particulier. Cette étude visait à déterminer si le sourire était un processus naturel et inné ou s’il s’agissait d’un comportement appris. En d’autres termes, est-ce que nous sourions parce que c’est naturel pour les humains ou est-ce quelque chose que nous apprenons en voyant les autres le faire quand nous sommes très jeunes?

Regardez cette photo :

Image source: Royal Society for Blind Children (formerly The Royal Blind Society)

Voici quelque chose d’intéressant à son propos.
Cette petite fille est aveugle.
Pourquoi partagerais-je une photo d’un enfant aveugle?
Elle sourit.

L’étude du sourire chez les personnes aveugles de naissance a scellé la conclusion selon laquelle le sourire est un processus naturel avec lequel nous sommes tous nés. L’enfant sur cette photo n’aurait pas pu apprendre à sourire en observant les autres parce qu’elle ne sait même pas à quoi ressemble un sourire. Pourtant, elle sourit toujours.

Cette petite information sur le cerveau humain ne vous apportera pas une utilité réelle dans votre vie , je le sais. Mais c’est tellement cool de savoir que sourire est un processus naturel pour les humains. C’est la façon dont le corps exprime la joie et le bonheur à travers une expression faciale

Je voudrais maintenant vous expliquer l’origine des blagues, et même des chatouilles. Encore une fois, il s’agit pour moi de disséquer le mécanisme afin de l’utiliser par après, alors vous n’y trouverez pas beaucoup d’utilité, sauf si l’évolution humaine vous passionne. Vous êtes prévenu !

L’histoire de la rigolade aurait commencé il y a environ 14 millions d’années, chez un ancêtre commun à tous les primates (Ross, Owren, Zimmermann, 2009).

A cette époque, les prémisces du rire se voyaient comme ils se voient aujourd’hui chez les singes : il s’agissait d’une réaction intense de joie après un danger évité.

Si une noix de coco avait manqué de peu la tête d’un de nos aïeuls, le cerveau de celui-ci lançait alors une masse d’hormones calmantes pour annihiler celles du stress ressenti d’un coup, juste après avoir entendu le bruit d’une coco s’arrachant de l’arbre et frôlant son oreille.

Littéralement pris d’extase par cette décharge d’adrénaline et d’hormones relaxantes, le primate se mettait alors à crier en gesticulant, moyen pour lui de défouler son stress tout en amplifiant l’effet des hormones calmantes, anti-douleur et euphorisantes.

Avec l’apparition du langage, nous recherchâmes cette même extase via les blagues.

Qu’est-ce qu’une blague ?

Une blague est une histoire fictive mettant en jeu une situation stressante qui se finit bien.

Quand mon ami me raconte de quelle façon il a failli tomber dans un trou, et a su s’en sortir indemne, nous rigolons ensemble de la situation car l’histoire qui aurait pu être grave finit bien.

Il s’agit du même principe que celui du jeu “coucou – beuh” avec les bébés, devant lesquels on se cache le visage avec les mains. Le bébé prend peur, mais dès que l’on remontre son visage quelques instant plus tard, il rigole. Il a subi un petit stress rapide et court, qui n’a donc pas eu de conséquence néfaste sur son organisme, et qui s’est terminé par une bonne nouvelle : il a retrouvé son papa ou sa maman.

Cette blague remplit deux utilités : en nous procurant des émotions positives mutuellement, nous avons renforcés notre attachement amical, et via l’émotion associée à l’histoire, je me souviendrai de ce trou.

A partir de ce socle humoristique de base, nous développâmes l’humour noir.

Il s’agit d’une forme d’humour ne se terminant pas forcément bien, et qui met en jeu une situation assez dramatique. Ce genre d’humour eut l’avantage de créer plus d’intensité, mais demanda plus de recul et une plus grande précaution dans le choix du contexte dans lequel cet humour était exprimé.

En fait, le contexte devint extrêmement important dans l’histoire de l’humour, car l’humour, noir qui plus est, nécessite un environnement apaisé pour laisser opérer toute sa puissance.

Une bonne blague noire ne prendra que si le contexte est agréable, comme un bon bar entre amis, ou une salle de spectacle, ou la vidéo d’un humoriste connu et que l’on apprécie sur internet, car ce contexte agréable fera comprendre au cerveau que le stress provoqué par la blague était une fausse alerte, et qu’il est donc temps de balancer les hormones relaxantes pour calmer ce stress.

Qu’est-ce que tout cela signifie ? 3 choses.

•             1. Le rire est directement lié au choc. Deux techniques d’humoriste démontrent par ailleurs :

Faire le pitre, le clown, fait rire car jouer l’individu mentalement déstabilisé crée le signal d’une menace potentielle, donc d’une réaction de stress qui se calme ensuite lorsque le cerveau se rappelle du contexte humoristique.

Faire l’ignorant sur des questions normalement hyper importante et connue de tous use le même principe. Nous possédons un instinct de partage de l’information avec les autres humains ; nous sommes des animaux hyper sociaux, et qu’un individu ne connaisse pas une évidence provoque en nous une réaction forte.

•             2. Le rire est directement lié à la capacité de prise de recul.   ->  « Humor is tragedy plus time. »- Mark Twain

•             3. Vous ne pouvez pas faire de l’humour politiquement correct. Cela n’existe pas. Ou alors, il faut se cantonner aux blagues pipi-caca et les blagues de chute dans les escaliers.

Bien évidemment, si le rire débute comme consolidateur mémoriel de comportement salvateur, il sert également de comportement de cohésion sociale, marqueur de volonté de paix et d’échange énergétique possible. Le rire permet de socialiser en s’échangeant du bien-être et de former un souvenir commun, donc de sceller, officialiser la rencontre et élargir ainsi son cercle amical. Il s’accompagne ainsi du sourire, expression faciale indiquant l’ouverture et anatomiquement intermédiaire, située entre la déception qui use des mêmes muscles que les pleurs, et l’expression de la colère qui plisse les yeux pour les protéger et qui dévoile les canines, vestige d’anciennes démonstrations de force.

Les chatouilles, maintenant.

Les chatouilles sont équivalentes à la sensation d’insectes sur la peau, une sensation que nous avons cherché à éviter au maximum durant la plus grande partie de notre évolution où les maisons propres et les vêtements régulièrement lavés n’étaient pas coutume.

Lorsque l’on ressent une telle sensation, le premier réflexe du cerveau est de s’en inquiéter et s’en débattre. Une réaction de stress est déclenchée, mais une fois compris que ces sensations sont dues à un autre être humain proche (la sensibilité aux chatouilles n’existe pas si la personne est inconnue (méfiance), ou si l’on se chatouille soi-même, du fait de la conscience que le danger n’existe pas), le rire apparait car un potentiel danger ou nuisance a été évité.

Le rire des chatouilles est ainsi un réflexe pareil à celui enclenché par d’autres évènements drôles, c’est-à-dire ayant provoqués une légère montée de stress suivie d’un relâchement, et non un acte purement social, et peut être induit par une machine plutôt qu’un être humain (Harris, Christenfeld, 1999)

Cependant, lorsque le chatouillement est effectué par un proche, des hormones relaxantes sont relâchées et le moment joyeux entre les deux individus crée de l’attachement. Les chatouillements se retrouvent ainsi le plus souvent dans deux cas de figure : le parent et son enfant, et le couple d’amoureux, surtout lorsque la relation débute.

BL.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s