Voici ce qu’est Vraiment l’Amour (Temps de lecture : 20 min)

Message aux amoureux déçus et aux couples heureux


Photo by Hean Prinsloo on Unsplash

Note : Dans cette série d’articles, j’explique la grande histoire de nos comportements les plus profonds et ce qu’elle peut nous apprendre sur nos relations quotidiennes. Laissez moi vos impressions, je cherche à m’améliorer et fournir le meilleur de moi-même afin que nous apprenions tous de l’incroyable évolution humaine. 

Sommaire : 

  1. La Naissance de l’Attachement et de la Trahison
  2. Les Trois Grands Types d’Hommes et les Deux Grands Types de Femmes
  3. Qu’est-ce que l’Amour?

La Naissance de l’Attachement et de la Trahison

Il y a trois millions d’années, s’amorçait la plus grande restructuration de notre espèce. Celle de notre mode reproductif.

Jusqu’alors primates de foret avec un système de reproduction similaire à celui-ci des chimpanzés, notre passage en savane obligea à plus d’organisation et plus de coopération entre les deux sexes. Ce fut l’apparition du couple monogame, et par extension de la famille nucléaire au sein d’une tribu.

L’Afrique de cette époque était extrêmement, extrêmement dangereuse. Si dangereuse que notre seule solution de survie était le partage des tâches entre mâles et femelles. Ce fut le début de la complémentarité homme-femme, mais dans le même temps de la différentiation marquée de nos personnalités. Les hommes partirent sur Mars, les femmes sur Venus. 

L’Amour d’un couple, à cette époque, était quelque chose de simple. Il s’agissait du sentiment d’attachement entre un mâle et une femelle pour que ceux-ci prennent soin l’un de l’autre et mettent au monde le futur du groupe. 

La jalousie fit son apparition. Ce tiraillement viscéral, cette obsession momentanée pour l’autre, ce tourbillon de scénarios fictifs, innarétable, ineffable, harassant. Cette affreuse jalousie devint malgré sa douleur l’une des clés de notre réussite. 

Mâles et femelles ayant grand besoin l’un de l’autre, une sélection s’opéra sur les individus les plus réciproquement attachés. Ce fut là le commencement du « logiciel » amoureux humain : un couple assez amoureux que pour élever ensemble un petit au moins jusqu’à ses trois ans. Ce fut dans le même coup le début de la jalousie : les femmes avaient intérêt à garder l’homme qui contribuait fortement à la survie alimentaire d’elles et leurs petits, dans cette période aride où nous devions nous rabattre sur la viande des charognes et petits animaux, et les hommes avaient intérêt à garder la femme qui élevait et prenait soin du futur du groupe.

La jalousie fut un mal nécessaire. Nous vivons aujourd’hui une époque sans tigres à dents de sabre et sans la plupart de nos anciennes obligations de survie, alors en conséquence, les mœurs à propos de l’amour, la sexualité et la monogamie se sont allégées.

Suivant la pression de l’époque et du milieu, les cultures varient entre glorification de la monogamie ou remise en cause de celle-ci, mais lorsque vous étiez un et une Homo habilis il y a deux millions d’années, vous ne vous posiez pas autant de questions sur le bien fondé de votre attachement à ce mâle ou cette femelle. Pourtant, comment dire. Vous auriez peut-être du.

Chez les !Kung, chasseurs-cueilleurs où l’infidélité aussi bien féminine que masculine est aussi une affaire de discrétion, les femmes croient que pour réussir et profiter des aventures extra conjugales il faut accepter que les sentiments que l’on éprouve pour son mari — “l’important”, “celui de l’intérieur de la hutte” — et pour son amant — “le petit, “celui du buisson” sont nécessairement différents. L’un est riche, chaleureux et sécurisant, l’autre est passionné et passionnant, bien que souvent éphémère et peu fiable (Shostak, 1981). 

Mais l’infidélité n’offre pas qu’une possibilité de meilleure survie pour l’enfant : à dose modérée, elle est également relativement nécessaire pour la pérennité du groupe dans son ensemble. 

En effet, l’avantage de la conservation de caractères comportementaux tels que l’instabilité affective et sexuelle est qu’elles permettent d’augmenter la diversité génétique au sein du groupe. Si la monogamie devint donc notre pilier de base, se conserva une infidélité latente qui servi a favoriser l’échange de matériel génétique, permettant une meilleure réactivité évolutive du groupe au milieu.

Le problème évidemment, est que l’infidélité pouvait avoir de graves conséquences sur une famille, et par extension sur la tribu. Les choses pouvaient être relativement sans conséquences si la vôtre se trouvait dans une archipel idyllique, mais si vous étiez dans un groupe de néandertaliens perdus au fin fond de l’Allemagne en plein âge glacier, vous y regardiez à deux fois avant de tromper votre partenaire et avant qu’il ne vous trompe. Les tensions étaient à maintenir au minimum. La coopération du couple au maximum.

Hommes et femmes prirent alors deux voies différentes en matière de jalousie . Comme toujours en matière de différences sexuelles, ceci dépendit de leurs intérêts respectifs en matière de procréation. 

Techniquement parlant, une femme est une matrice du groupe. L’ovule est plus rare que le spermatozoïde, et ce qui est rare est cher ; la loi de l’offre et la demande fait que les hommes ont moins de garantie de transmettre leurs gènes. De plus, si la mère est sûre que l’enfant est le sien, un père il y a vingt mille ans ne pouvait s’en rendre compte qu’après quelques années, donc après énormément d’énergie et de risques pris pour un enfant qui n’était pas le sien.

D’accord, avant d’aller plus loin arrêtons nous sur ce point. La plupart d’entre nous préférerions l’idée d’un amour inconditionnel pour n’importe quel frère ou enfant humain. C’est vrai. Mais comme souvent dans le jeu de la nature, ce qui nous parait cruel et peu glorieux est en fait indispensable. Ce mécanisme instinctif d’investissement exclusif est en réalité un mécanisme fondamental pour que l’espèce humaine puisse se perpétuer harmonieusement, et même se perpétuer tout court.

Lorsque vous faites des enfants, vous transmettez vos informations génétiques. De quoi sont-elles faites ? Tout simplement de votre vécu dans un milieu principal donné, de vos confrontations à la vie, au climat, aux autres, au monde. Ceci permet à la génération suivante d’être déjà préparée aux mêmes conditions, donc d’y être adaptée au mieux et de pouvoir vivre le plus aisément possible. Si l’être humain coupait cet instinct de favoritisme génétique — un favoritisme animal qui n’empêche bien sûr pas de faire le bien à l’humanité toute entière — l’espèce dégénérerait rapidement faute d’organisation et de concentration dans l’investissement parental. 

Revenons à la jalousie. Pour sécuriser ce principe de favoritisme, les deux sexes développèrent deux formes différentes de jalousie amoureuse. En général, les hommes devinrent farouchement colériques plutôt face à une infidélité sexuelle qu’une infidélité amoureuse de leurs femmes, et les femmes farouchement colériques plutôt face au cas où leurs hommes offraient des fleurs à une autre (Tagler, Jeffers, 2013). Car si un homme cro-magnon prenait de nombreux risques pour apporter un maximum de nourriture et de confort aux siens et ne pouvaient permettre de le faire pour l’enfant d un autre, les femmes, elles, sacrifiaient constamment leur santé et leur énergie pour leurs progénitures. Il n’était donc pas question de laisser le mari s’éprendre pour une autre : c’est un vrai travail d’être mère, qui plus est il y a vingt mille ans, où c’était le travail d’une vie.


Les Trois Grands Types d’Hommes, les Deux Grands Types de Femmes 

Pour ne pas que les mâles s’éprennent d’autres femelles trop vite et trop souvent, la nature les rendit particulièrement susceptibles de devenir viscéralement attachés à leurs conquêtes. 

Certains diront qu’il s’agit d’un retour de justice à la relative dépendance énergétique des femmes aux hommes durant nos temps premiers. C’est vrai. Mais parlons plutôt d’un rééquilibrage.

En amour et en séduction, les hommes jouent les durs d’abord pour montrer qu’ils peuvent l’être, car il fallait l’être durant toute notre évolution et qu’il faut encore l’être dans la compétition économique moderne. Ils le font aussi parce qu’ils savent qu’ils sont plus fragiles en amour que les femmes, et jouer l’insensibilité et le détachement amoureux n’est qu’une sorte d’armure.

Bien que la douleur soit la même chez les deux sexes, la femme peut généralement se remettre plus rapidement d’une rupture car elle sait qu’elle est la matrice indispensable à la vie et au groupe. L’homme, lui, considère généralement sa femme comme sa continuité, une autre partie de lui-même dont il va avoir envie de prendre soin comme de lui-même. Chez une femme, sa continuité sont ses enfants et uniquement ses enfants, et c’est pour eux exclusivement qu’elle développera une dépendance viscérale protectrice et inconditionnelle. Le problème de beaucoup d’hommes est qu’ils cherchent à retrouver l’amour de leur mère chez leur femme, ce qui est impossible. 

Cet attachement de l’homme à la femme, qui a à la base pour but d’optimiser la survie de la mère et la possibilité de celle-ci de nourrir et d’élever ses petits, entraîne souvent chez l’homme déçu un mal être profond le poussant parfois dans la dépression, la déchéance physique et économique et parfois même le suicide, la violence ou le meurtre passionnel. Mais ce n’est pas tout.

Si le mâle est d’instinct aussi obsessionnel vis-à-vis de ses relations amoureuses, c’est parce que la gente féminine est son calmant. Son anxiolytique. Sa drogue après la longue et dangereuse quête énergétique dans le vaste monde. Il y trouve le réconfort quand il se réfugie en elle et quand il croit la dominer, se rassurant ainsi sur sa puissance. 

La femme est donc bien souvent pour l’homme le but et la finalité de tous ses combats, de ses ambitions de pouvoir et de domination. Il sait que c’est par elle qu’il atteindra l’immortalité par la descendance qu’elle lui donnera, tout en lui faisant oublier le temps d’une étreinte charnelle la rudesse du combat autrefois physique, aujourd’hui économique, juridique et politique, ainsi que l’angoisse de la mort. 

S’il fallait finalement donner une seule définition englobant le comportement amoureux masculin, ce serait celui du « Casanova sentimental » ou « coureur de jupons romantique ». Attiré par les femmes, toutes les femmes, l’envie animale d’infidélité le taraudant régulièrement, mais étant profondément attaché à une seule. S’il commet l’adultère, il risquera de s’attacher également à sa maîtresse, et quoi qu’il en soit, sera taraudé, l’alcool aidant, par l’envie d’appeler les femmes qu’il a aimé quand son esprit embrumé de nouveau errera dans les tréfonds de son cœur.


Le « casanova sentimental » est en quelque sorte le modèle typique masculin en amour. Il est d’ailleurs le plus courant. Mais de ce substrat, la nature sélectionna deux autres grands comportements amoureux masculins :

  • L’homme dévoué, transi d’amour, attentionné, souvent relativement ou totalement sous la coupe de sa femme et s’interdisant tout contact avec d’autres. Il peut être au contraire le dominateur du couple et maintenir sa femme sous son joug. Il représente une stabilité et une sécurité énergétique. 
  • Le séducteur invétéré, sans attaches et incapable de rester fidèle. C’est le mauvais garçon ou le gentleman séducteur, le « James Bond ». Son avantage réside en une possible descendance nombreuse et tout aussi aventureuse que le père, ce qui assure sa plus grande transmission génétique à la mère, mais son esprit volage permet difficilement une éducation stable car laissant ce poids sur les seules épaules de la mère. 

Ce dernier type d’homme est souvent décrié par les amis d’une femme tombée sous son charme, et les hommes pour la plupart se demandent souvent pourquoi bien des femmes aiment tant les “mauvais garçons”. 

Dans la pensée générale, le mauvais garçon est souvent un homme sûr de lui-même. Comme James Bond, il pense “mission avant tout”, est généralement calme en toute circonstances et considère les femmes comme des moyens de divertissements occasionnels. Il n’est pas “needy”. Il n’a pas besoin des femmes. Ce dernier point est précisément ce que la psyché féminine adore, pour la simple raison qu’est mis en jeu le profond désir féminin d’être désiré. 

Dans les romans d’amour pour femmes, toutes les professions de héros sont associées au statut, à la confiance et à la maîtrise (médecin, CEO, roi, chevalier, etc.). Les femmes veulent que leurs héros soient durs à l’extérieur et doux à l’intérieur ; un conquérant ayant le droit d’être brutal et intransigeant du moment qu’il est attentif et généreux avec l’héroïne. De cette façon, si Cinquante Nuance de Grey narre la recherche féminine d’être possédée par un homme puissant, il combine aussi le fantasme féminin de parvenir à s’accaparer l’homme pour elle seule, un homme qui au commencement la considère comme un “moyen de divertissement occasionel” — un mauvais garçon. 

Dans ce même style se trouve le blockbuster « Twilight » : Edward le vampire et Jacob le loup-garou sont des hommes surnaturels. Ils sont exceptionnellement forts, peuvent protéger ceux qu’ils aiment, sont riches et vivent dans un manoir ou un château. Cerise sur le gâteau, Edward le vampire convoite le sang de Bella mais ne peut se laisser céder parce qu’il l’aime. En conséquence, Bella est désiré à la folie par un petit ami qui doit continuellement résister à la tentation de la dévorer.

Continuons sur la lancée de Cinquante Nuances de Grey et Twilight, mais cette-fois du côté de la recherche scientifique. Si vous demandez à des hommes et des femmes de regarder des images érotiques de contact entre un homme et une femme, puis suivez les mouvements des yeux des participants via des capteurs, vous constaterez que les hommes et les femmes se concentrent sur différents aspects de la scène. Les hommes regardent seulement la femme, tandis que les femmes observent les deux acteurs de manière égale. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce qui excite les femmes dans l’érotisme est de pouvoir se mettre dans la peau de la femme ardemment désirée (Lykins, A. D., Meana, M., & Strauss, G. P. (2008). Alors quand aux yeux d’une femme le mauvais garçon sûr de lui, masculin, entreprenant et énergique ne lui accorde pas assez d’attention voire en accorde à d’autres, le cocktail est en place pour la rendre littéralement folle amoureuse. 

En plus de cette assurance rassurante, le bad boy montre à la femme qu’il est capable de transgresser les codes afin de s’accaparer de l’énergie. Il démontre une certaine agressivité, une mentalité de battant, et ceci parle aux très profonds instincts féminins formés par notre époque paléolithique. 

Voyez-vous, dans un monde où cohabitaient des dizaines d’espèces de félins de trois cent kilos et où il fallait arpenter des kilomètres chaque jour pour traquer une bête, cette agressivité masculine était essentielle. Nous considérons l’agressivité comme synonyme de violence, mais ce n’est pas forcément le cas. L’aggressivité, c’est également avoir l’envie de combattre les situations de la vie qui nous mettent en échec. C’est ressentir au fond de ses tripes ce feu brûlant qui nous pousse à aller de l’avant et attaquer, saisir, chasser, gagner, entreprendre. Ce feu se canalise parfois dans la violence, dans la destruction et dans la mort. Mais parfois, il se canalise au contraire dans la construction, dans l’évolution et dans la vie. 

C’est de cette façon qu’un homme parfaitement sain, responsable et coopératif peut évidemment lui aussi dégager cette puissance interne signe d’une bonne capacité d’action. Ce genre d’homme est d’ailleurs le meilleur pari pour la femme, puisque nettement plus stable et sécurisant sur la durée. Au sein d’un groupe, ce sont par ailleurs eux, ceux qu’on appelle les vrais « mâles alphas ».


Continuons. Aux premiers abords, il apparait une profonde injustice sexuelle entre les hommes et les femmes. Un homme séducteur est considéré avec admiration, alors qu’une femme trop libertine est souvent considérée avec mépris. Un deux poids deux mesures flagrant.

Un deux poids deux mesures flagrant, mais rappelez-vous lorsque nous parlions du favoritisme génétique envers nos propres enfants et pas ceux des autres. Souvent, la nature instille en nous des instincts que notre intellect nous fait paraître complétement absurdes voire injustes, mais une analyse plus poussée révèle en réalité son utilité pour la pérennité du groupe. 

Les femmes, en général, possède moins de ce besoin de conquête de relations amoureuses ou purement sexuelles (ref sociosexualité). Vous trouverez évidemment des femmes très collectionneuses d’hommes, mais en règle générale l’accumulation de conquête est plutôt une histoire masculine. 

Lorsqu’une femme adopte une stratégie de collection des amants, elle déclenche en général premièrement l’opprobre des autres femmes elles-mêmes. Pour celles-ci en effet, ce comportement s’apparente à de la concurrence déloyale, en diminuant la contre-valeur que l’homme doit apporter pour séduire. Rappelez-vous : par notre simple différence de constitution — un ovule pour des millions de spermatozoïdes — , une femme est techniquement plus “précieuse” évolutionnairement qu’un homme. Depuis toujours, ce sont les hommes qui se battent pour les femmes, non l’inverse. 

Pour les hommes, une femme cumulant des amants pose deux problèmes. D’abord, ce comportement leur paraît incompatible avec l’attention et l’affection constante donnée par la mère dont les jeunes enfants ont besoin pour leur bon développement physique et intellectuel. Une femme trop intéressée par les hommes ne leur semble pas de bonne augure en ce qui concerne une relation sérieuse et tout ce que cela demande. Ensuite, un homme n’aura jamais la garantie que son enfant est bien le sien. Pour un homme, une femme “facile” a de plus pour corollaire le départ facile ou le partage avec d’autres hommes, ce que la majorité des hommes évitent d’instinct lorsqu’il est question de relation stable.

Ce que nous révèle donc cette différence de perception d’un même comportement, c’est que nous portons en nous les grands principes de l’échange sexe-ressource primordial. Tres bien. Après avoir vu les trois grands types d’hommes en amour que ce substrat généra, regardons maintenant du côté des femmes.

Si les hommes développèrent trois grands types de comportement amoureux, les femmes en développèrent deux principaux.

  • Le premier peut être défini par l’image de la mère stable et dévouée à ses enfants. Ce qu’elle recherche, c’est la stabilité. Si tout se passe correctement dans son foyer, elle ne cherchera généralement pas à quitter le nid et trouver un autre partenaire. Ce modèle est le correspondant du Casanova sentimental et de l’amoureux transi. Les enfants d’un tel couple seront normalement bien élevés et en bonne santé, préparés à s’intégrer à une société complexe et structurée. Leur cadre familial calme leur fournira un repère et un appui solide. D’un point de vue reproductif cependant, les femmes choisissant ce logiciel auront souvent moins d’enfants que celles du deuxième type, plus rare mais plus redoutable.
  • Les femmes de cette deuxième catégorie sont celles que l’on appelle « croqueuses de diamants ». Ce sont des opportunistes cherchant coûte que coûte un mâle énergique et prometteur (si le couple se forme dans la jeunesse) et/ou possédant. Si ce dernier convient, elles pourront lui faire un enfant, puis probablement le quitter lorsqu’elles auront accumulé assez d’énergie de sa part et pourront partir rechercher un nouvel homme. Tout comme le séducteur invétéré chez les hommes, ce deuxième type marque un instinct à son paroxysme : la peur légitime de manquer de ressources. 

Lors d’un divorce, le cas de la femme partant avec les meubles est un grand classique. Il est également tres révélateur de notre conformation première de savane, puis encore plus tard dans l’hémisphère Nord où le partage des tâches était aussi très marqué de par la faible quantité de flore l’hiver. 

Une femme quittant son homme l’a déjà prévu depuis longtemps. En effet, quand la relation devient amère et prend la mauvaise pente, les femmes au contraire des hommes vont développer du ressentiment : elles vont accumuler de la colère voire de la haine pour leur partenaire, ceci en relevant et en ressassant absolument tous ses défauts et mauvaises conduites. 

Ce comportement est une assurance inconsciente de ne plus retourner vers la relation qu’elle a considérée — qu’elle y soit pour quelque chose ou non — comme trop dysfonctionnelle. Portant un enfant et assurant le premier rôle dans son éducation, les femmes ont plus à perdre dans un couple instable. Mais ce ressentiment assure une autre fonction : celui de se dédouaner de toute culpabilité afin de récupérer l’énergie de l’homme.

En haïssant leur ancien mari, les femmes pourront laisser libre-court à une pulsion d’accumulation de sécurité pour elles et leurs enfants, pulsion qui sera désormais justifiée par la diabolisation fondée ou non du conjoint. En position de faiblesse, ou face au risque de l’être, elles se battent avec les armes à leur disposition, tout comme les hommes se battent avec les leurs. Les hommes ont lintimidation physique ou la possibilité de quitter le nid du jour au lendemain. Les femmes ont la manipulation émotionnelle à leur avantage. Mais si les hommes sont généralement plus susceptibles de perdre leur sang-froid lorsque une rupture sérieuse prend place, les femmes aussi ont de grandes failles émotionnelles : ce sont les failles de leur programmation d’attachement maternel. Quand la maman se confond trop avec l’amante, c’est à son péril.

La femme est programmée pour aider et secourir les êtres dépendants. Les petits et les faibles, les malades et les vieillards. Elle en éprouve un véritable plaisir organique. Cette programmation a permis à l’humanité de survivre, car grâce à cette dévotion sacrificielle la femme est dévouée corps et âme à ses petits, nourrissant, caressant et éduquant les enfants jusqu’à l’adolescence où enfin forts et formés ils pourront quitter leurs mères et affronter la vie en adultes.

Cette jouissance d’aider le faible, de pousser l’oiseau à sortir du nid, la femme — souvent la jeune femme faisant son expérience — la retrouve avec « l’incapable sympathique », l’homme qui se laisse traîner par la vie. Elle peut aussi s’amouracher du « mâle caricatural », le rustre pulsionnel et infidèle, l’homme dominateur imposant sa façon de vivre et son infidélité maladive, rendant sa compagne malheureuse tout en la remplissant de l’espoir de pouvoir le changer, de l’apprivoiser et d’obtenir comme consécration de ses effort son exclusivité affective. 

Ces types d’hommes, s’ils ne sont généralement pas très recherché par les femmes, peuvent tout de même souvent ferrer le cœur d’une d’entre elle presque malgré elle, car ils parlent aux instincts maternels de celles-ci. A contrario, l’attachement d’une femme pour un homme au comportement « normal », c’est à dire un homme bien moralement, responsable et respectueux, sera souvent moins passionnel et plutôt le fruit de de l’intérêt mutuel mûr et réfléchi, non de la passion animale dévorante. Ce qui ne signifie bien sûr pas qu’elle sera moins heureuse : c’est d’ailleurs souvent le contraire.

Qu’est-ce que l’Amour?

L’échange primordial nous permis de survivre. Les paranthropes n’adoptèrent pas le même principe, et ils périrent. Ces profondes programmations ne disparurent jamais vraiment : la prostitution, un échange sexe contre nourriture brut. La pornographie, la parfaite capture de l’attirance des hommes pour la chair féminine. Ou encore ce cas connu des magazines people, celui du couple vieil homme riche et jeune femme belle.

Pourtant, nous prîmes de la hauteur. En plus de la bonne conformité physique, une femme maternelle, adulte et responsable pris possession d’une plus-value énorme pour un homme. De même, un homme stable, protecteur, gentil et responsable devint profondément rassurant pour une femme. Quel que soit le sexe et quel que soit la culture, les prérequis de base recherchés pour la fondation d’un couple durable sont la gentillesse, la bienveillance, et l’intelligence (Buss, 1989). Disons que la beauté féminine d’une part, et le statut social d’autre part, sont les bases animales de nos attirances. Mais au-delà de cette première couche, le cortex préfrontal humain s’immisca et fit son travail, un travail de bon sens quant à la planification de l’avenir. Une miss univers puérile et arrogante refroidira celui cherchant l’amour durable. Un millionnaire charismatique mais incapable de tendresse glacera vite le cœur d’une demoiselle sincère.

Il arrive un moment où les gens comprennent que bon nombre de leurs fantasmes et attirances instinctives ne sont finalement que des leurs, des mirages, des drapeaux rouges de corrida faits pour les attirer comme des abeilles sur des fleurs. Tout ça pour quoi ? Pour que le monde continue.

Ce qui nous permis de dépasser le cadre purement animal de la reproduction fut le besoin progressif d’éduquer longuement un enfant. Une fois l’échange sexe-ressource mis en place, le développement de notre intelligence augmenta sans cesse la taille du cerveau des nouveaux-nés, et demanda toujours plus de temps pour remplir ce cerveau à partir de la naissance. Il fallait au moins deux parents pour cela. 

D’un peu d’affection et de sexe en échange de viande et de protection, le couple découvrit donc peu à peu le vrai goût de l’attachement. Les papillons dans le ventre. Les rigolades. Les taquineries. Le manque, aussi. Nous, humains, pour la première fois dans toute l’histoire du monde, allions prendre conscience de ce que signifiait réellement l’Amour.

La plupart des gens considèrent le couple comme un moyen d’épanouissement personnel avant d’être un moyen de continuer le monde. Le résultat est qu’ils placent tellement d’espoirs et d’attentes que fatalement, ils finissent pas s’en dégouter. 

Nous sommes dans l’époque de l’émotion. Déchargés de la plupart de nos obligations de survie, nous voulons vivre nos rêves, et ces rêves sont dictés par la société de consommation dans laquelle nous baignons. Les films. Les musiques. Les romans. Les publicités. 

Qu’est-ce vraiment que l’Amour ? Ce que nous apprend notre grande histoire évolutive, c’est que l’Amour ne fut jamais un moyen de satisfaction égoïste. Le couple ne fut jamais qu’un pur fournisseur d’ocytocine calmante ou un moyen de jouissance orgasmique, ce ne fut jamais un canaliseur d’illusions et de rêveries inspirées de la dernière série à la mode. La grande fonction du couple fut toujours de continuer la vie. La grande nature de l’Amour fut toujours celle du sacrifice pour que la vie continue, le don sans aucune attente.

Si la passion brûle et les déceptions coupent les ailes, cette rencontre entre deux esprits et entre deux corps est à la racine même du monde. Et si un couple heureux est un véritable bonheur pour l’individu, l’essentiel du couple n’est pas d’être heureux, il est bien de construire afin d’assurer l’avenir du monde Humain. Il n’y a pas de honte à voir son couple échouer, il n’y a pas de honte à s’être trompé sur la personne qu’on a aimé et de ne pas avoir perçu la nature profonde de l’autre pour enfin réaliser que la séparation et la seule chose envisageable.

L’époque nous a fait perdre de vue le but primordial de l’amour, qui est celui de perpétuer la vie et de l’éduquer pour vivre et découvrir ce monde le plus sainement possible. Par le confort technologique et la perte de repère induite par celui-ci, nous nous sommes perdus dans les volontés de l’ego et de l’égoïsme, crus qu’il suffisait de chercher la jouissance pour savourer cette vie. 

Il est venu le temps de rajouter quelques cuillères de pragmatisme à nos rapports humains, noyés dans la casserole des grandes illusions romantiques si fièrement entretenues par notre société de consommation. Il est venu le temps de nous recentrer pour de nouveau apprécier ces moments magiques, en lançant par-dessus nos esprits ces sacs de questionnements idéologiques et existentiels. Vivons. Aimons. Apprécions. Rions. Devenons des amis, des amants. Des pères. Des mères. Des couples. Comprenons pourquoi nous le faisons, et pour qui : pour le monde, pour sa conscience, pour l’espèce, pour le groupe, pour nous-mêmes.

Certains diront que tout cela est un peu triste, vu dans ce sens, dans ce sens purement pragmatique. Ce n’est pas triste. C’est merveilleux, car c’est fait pour que triomphe la vie. L’amour n’est qu’une illusion, mais c’est la plus belle de toutes. D’ailleurs, ce qu’elle apporte pèse plus que ce qu’elle coûte ; La preuve ? Tout le monde la cherche, et tout le monde y retourne. 

Suivez-moi pour la suite, cela arrive bientôt. Partagez si vous avez découvert de nouvelles choses.

Boris Laurent

Publié dans: Non classé

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