Ma Rencontre Amoureuse Dans l’Avion et ce que J’en ai Déduit de l’Art

Ce qu’une Histoire d’Amour Inattendue m’a Révélé sur le Beau, l’Art, les Émotions et les Artistes.

Copyright Frédéric Delavier


Dès leurs premiers mois de vie, les nourrissons attardent leur regard sur les visages les plus beaux. C’était une pensée qui m’était venue en tête alors que j’observais les contours agréables de ce visage encore inconnu. Elle discutait avec l’hôtesse à quelques rangées plus loin.

L’avion avait ouvert ses portes depuis une bonne dizaine de minutes. Les passagers montaient, rangeaient leurs bagages puis s’installaient avec cette habituelle précipitation de toutes les embarcations. L’ambiance était plutôt détendue ; nous étions au début de l’été. 

Mes yeux allaient et venaient entre les micro-événements autour de moi, et son visage masqué périodiquement par les gens qui passaient devant elle. Le flot de passager ne semblait pas se tarir. Les rires, exaltations et divers onomatopées émis par ces pressés futurs vacanciers formaient un bruit de fond qui n’était pas si dérangeant. 

Ces moments hors du temps sont de précieuses sources d’interrogations existentielles, et son visage m’inspirait décidément beaucoup. Il avait une grâce et un caractère. Il y avait de la douceur, de la volupté et de l’assurance ; s’il avait été l’oeuvre d’un artiste, on aurait même parlé de maîtrise. Son corps était à la même image : de la maîtrise et de l’harmonie, des formes saines et naturelles. 

“Qu’est-ce que le Beau ?”, me demandais-je. Était-ce une simple histoire de goût ? Pourquoi le cherchions nous tous autant avec ferveur ? J’avais à peine eu le temps de détourner mon regard pensif qu’elle se tourna dans ma direction, lisa son papier d’embarquement et vérifia le numéro de siège. Il était à côté du mien. 

Le Plaisir de Voir et de Comprendre

L’assurance sereine qui transpirait de sa posture et de ses gestes calmes semblaient s’être relativement taris, une fois que l’avion décolla. Après tout, même les plus grands globe-trotteurs ressentent toujours cette excitation avant une nouvelle destination, et l’on pouvait sentir cette sorte d’électricité dans tout l’avion et sur tous les visages. 

D’où venait cet effet ? Pourquoi étions-nous si obnubilés par le neuf, l’exploration, la conquête, l’inconnu ? Était-ce simplement parce que nous croyons au “mythe du consumérisme”, ou parce qu’explorer était implanté jusqu’à dans notre ADN ? Encore quelques questions de plus.

Elle me jeta un regard en coin. Léger, rapide. Puis un second. Je sentais son stress, et elle devait probablement sentir le mien. Alors que l’avion entamait sa phase de croisière, les passagers recommençaient leurs conversations et un bruit de fond se remit en place. Je me dis que le voyage serait plus agréable en conversant. J’amorçais la discussion. 

Nos voix étaient légèrement chancelantes. Les gorges étaient un peu serrées, les mots un peu précipités. Mais l’entente était bonne. Par une sorte de synchronicité, elle m’apprit qu’elle était une artiste, comme moi. La discussion s’embarqua alors rapidement dans ce thème, montant crescendo dans une effervescence et un plaisir d’échanger nos points de vues. 

En 1981, des scientifiques firent une découverte épatante.

Nous avons dans notre corps ce qu’on appelle des récepteurs à opioïdes. Les opioïdes sont les substances calmantes que nous produisons et qui se déchargent lorsque nous nous blessons, mais aussi simplement lorsque nous éprouvons du plaisir.

Sans surprise, la plupart de ces récepteurs sont situés dans des parties de notre système nerveux impliquées dans la douleur et la récompense. Mais ce que ces chercheurs découvrirent, était que nous avons également de tels récepteurs dans la partie du cerveau qui s’occupe du traitement visuel ; qui s’occupe des choses que nous voyons, reconnaissons et de ce à quoi nous les associons.

Qu’est-ce que cela signifie ? Les zones cérébrales responsables du traitement de ce que nous voyons et reconnaissons possèdent des récepteurs à “molécules du plaisir”. Et quand nous voyons quelque chose de beau, nous ressentons littéralement du plaisir et de la relaxation. Mais ce n’est pas tout.

Ils découvrirent que ces récepteurs étaient les plus nombreux dans la zone qui associe ce que nous voyons avec ce que nous connaissons, avec nos souvenirs. Et ceci veut dire que nous ressentons également du plaisir lorsque nous reconnaissons quelque chose, et par extension que nous le comprenons. 

Le café que m’apporta l’hôtesse était bien trop bouillant, mais je n‘y prêta pas d’importance. Le moment était bien trop intéressant pour s’attarder sur de petits détails, et le temps semblait passer à une vitesse folle. 

Le Plaisir de Découvrir

Je marchais dans cette ville aux mille joyaux architecturaux. Sa grand place était connue comme la plus belle du monde, et les bâtiments qui la bordaient me subjuguaient par leur splendeurs, leur taille et leur incroyable niveau de détail. 

Il faisait très lumineux. Cependant, j’avais l’impression que cette luminosité m’était exacerbée; tout ce que je voyais, sentais, entendais ou touchais me semblait plus réel, plus affirmé, plus coloré. Cette réalité augmentée sembla encore plus magique lorsqu’elle entra dans mon champ de vision. Nous avançâmes l’un vers l’autre sans nous lâcher du regard, comme si tout ce qui existait autour n’existait plus. 

Cette fascination ressentie face à un nouveau pays est dû à l’effet de nouveauté. Si nous ressentons du plaisir lorsque nous voyons le Beau ou comprenons quelque chose, ce plaisir est également en rapport à la nouveauté du moment et de la découverte. 

Cette excitation ressentie face au neuf à pour fonction de nous pousser à explorer et donc d’aller vers la Vie. Elle fonctionne en augmentant nos perceptions sensorielles et en élevant notre état émotionnel, augmentant par-là à la fois notre motivation et à la fois notre capacité de mémorisation (pensez à ces musiques que vous avez associé à de grands moments de votre vie). De fait, cet état de découverte, de motivation et d’intensité émotionnelle que nous ressentons en voyage augmente la valeur émotionnelle de nos rencontres, et facilite alors la naissance d’amours passionnels.

Après une heure à nous balader dans la ville une glace à la main, nous décidâmes de visiter la cathédrale. C’était un monument sans commune mesure avec ceux que j’avais vu précédemment ; j’étais littéralement cloué au sol devant cette montagne artificielle.

Nous entrâmes. Il y faisait bien plus frais que dehors. Il y avait beaucoup de touristes, mais tous chuchotaient. Ce contraste entre le nombre de gens, l’immensité du lieu et ce calme entre quelques échos était très impressionnant. 

“Qu’est-ce que le Beau ?”. Je trouvais tout cela magnifique, mais je ne parvenais toujours pas à l’expliquer. La seule idée claire qui me venait était que je ressentais cette même impression de temps suspendu que lorsque je l’avais vu parler à l’hôtesse dans l’avion. Il y avait peut-être un lien. 

Le Beau et l’Art

Alors que nous marchions de nouveau dans les rues, nous ne pûmes nous empêcher de rentrer dans ce musée d’Art. Il exposait de très grands noms : Dali, Bruegel. Il y avait aussi Rembrandt, entre autres.

Il était cocasse de voir tous ces gens le nez en l’air et les yeux écarquillés devant ces tableaux ; vous pouviez les voir marcher en regardant droit devant eux, puis s’arreter net devant une œuvre et tourner la tête d’un coup avec des yeux d‘enfant émerveillé.

Je finis par comprendre ce qu’était le Beau. Ce que ces chercheurs découvrirent en 1981 allait bien au-delà de la présence de récepteurs à molécules du plaisir dans notre système visuel. Ce qu’ils mirent en lumière scientifiquement et sans le savoir, c’était que le Beau était en fait la Vie. 

Qu’il soit question d’un beau paysage symbolisant l’espace à conquérir, d’une belle architecture synonyme de solidité et de protection, ou d’un beau corps garant de force et de protection ou de fertilité et de santé, le Beau est l’harmonie fonctionnelle favorisant et générant la vie. 

Nous sommes programmés pour apprécier la symétrie des formes, la finesse des détails et la puissance de l’ensemble, car le Beau est la signature de la Vie, et la Vie recherche la Vie — nous recherchons tous la Vie et cherchons à fuir la mort.

De par l’émotion ressentie devant une cathédrale magnifique, le respect pour le lieu et l’idée derrière lui sont imposés. L’expérience est gravée dans la mémoire. Le mythe est inscrit dans la pensée générale. Le Beau sert donc à unir autour d’une émotion commune, mais il sert également à transmettre : c’est ce que nous appelons l’Art. 

Cette fascination, ce sentiment d’émerveillement que nous ressentons quand nous découvrons un nouveau pays ou tombons amoureux est ce que nous recherchons dans l’Art, car l’Art fournit cet effet de subjugation par le Beau, et l’Art est en fait l’enseignement par le Beau.

L’Art, en plus d’unir autour de l’émotion, va par le Beau transmettre les codes, les valeurs, les mœurs, la vision du monde de l’époque et de la culture aux spectateurs. Ce Beau dans l’Art est d’autant plus précieux qu’il est difficile d’exprimer la beauté : correspondant à l’équilibre de la vie, l’équilibre étant ce qu’il y a de plus difficile à atteindre, il est plus facile de dessiner la laideur et la monstruosité puisqu’elles ne répondent plus aux règles de la nature tendant vers l’équilibre.

La beauté d’une œuvre d’Art est donc proportionnelle à la vie qu’elle dégage, et cette vie se traduit par son harmonie et sa maîtrise, car le vivant va vers l’ordre, et la mort, le désordre.

Après encore quelques heure à nous balader, nous nous quittâmes en nous promettant de nous revoir le surlendemain. 


Assis de bon matin à cette terrasse avec un journal et un café pour compagnons, je me disais que la journée d’hier avait eu quelque chose de féérique. Le temps était gris mais il faisait chaud. Il était huit heure et je ressentais encore les vibrations de passion de la veille. J’en avais eu du mal à trouver le sommeil. 

Trempant mes lèvres dans le café, j’en profitais pour faire le bilan de mes questionnements. Ce moment hors-temps que j’avais ressenti dans l’avion, ensuite dans cette cathédrale et encore après devant ces tableaux, était donc dû à deux choses: d’abord aux récepteurs à opioïdes qui s’occupaient de me fournir du plaisir lorsque je voyais le Beau, apprenait et comprenait de nouvelles choses. Ensuite, également à mon système de la récompense — le système dopaminergique — qui était sensible à la nouveauté, tout autant que responsable de ma motivation d’explorer et d’apprécier le Beau ; c’est-à-dire me pousser à aller vers la Vie. 

Dans l’avion, la Vie s’était manifesté sous les traits de cette femme, belle, sûre et gracieuse ; porteuse et donneuse de vie. Je descendis de mon romantisme habituel et m’avoua que mon instinct reproductif avait été de la partie. Il avait été d’autant plus puissant que renforcé par la nouveauté de la scène et le départ vers une destination inconnue. 

Justement, l’instinct de conquête est celui qui s’était éveillé dans la cathédrale. La splendeur, la puissance, la découverte : ce que les Hommes avaient voulu reproduire via ces cathédrales était ce sentiment qui nous empare au bord d’une colline, voyant toute l’étendue et la puissance de la nature, toutes les richesses qu’elle a à offrir. 

Et puis, me rappelant de ces tableaux de maitres, me pétrifiant par l’émotion qu’ils dégageaient, à la fois de par les scènes qu’ils représentaient, leur fond, mais aussi par leur technique, leur forme, je compris que la clé d’une grande œuvre d’art était la maitrise et l’harmonie, et aussi la simplicité tout autant que la profondeur de son contenu.

Les choses étaient devenues limpides. La fonction de l’Art était à la fois d’unir autour de l’émotion et à la fois de transmettre le zeitgeist de l’époque, son esprit du temps, via le Beau.

Il y allait sûrement avoir un peu d’orage aujourd’hui. Je terminais mon café, plia mon journal, et partis marcher.

Le Beau en Deux Dimensions

Elle avait passé la moitié de l’après-midi à tester toutes les combinaisons de vêtements. Ceci mettait en valeur ses formes mais elle n’aimait pas la couleur. Cela comportait de beaux motifs mais elle n’aimait pas la coupe. Tout aurait été plus simple si les choses étaient soit belles soit moches, mais elle savait que le Beau comportait toujours une part de subjectivité.

Si le Beau était l’expression de ce qui se rapproche de la Vie, la Vie est faite d’une infinité de variations qui ne voient pas la réalité du même œil. 

Tous les peuples ont des points communs. Où que cela soit autour du globe, vous ne ferez jamais manger un morceau de charogne infectée à un être humain. La raison en est que nous portons tous une machinerie instinctive de base, un “hardware” commun à tous. 

Cependant, chaque individu est une forme unique et inédite : nous sommes constitués d’une combinaison génétique et d’un vécu qui ne s’est jamais présenté et ne se représentera jamais, et à travers ce “software” propre, nous percevons le monde d’une façon propre. 

Nous ne perdons jamais les instincts du hardware. Une nourriture sucrée ou des traits du visages symétriques seront toujours plus instinctivement appréciés à première vue chez n’importe qui. Mais le software vient moduler le hardware, et certains seront plus attirés par le sucre que d’autres, quand certains préféreront les blonds plutôt que les roux, selon leur génétique et leur vécu, les deux interagissant toute notre vie. 

Le Beau est donc à deux dimensions : le Beau objectif, évolutionnaire, et le Beau subjectif, individuel, personnel. 

C’est cette dualité qui cause tant de confusion et de disputes au sujet de l’Art. Car si la plupart des gens s’accorderont pour dire qu’une oeuvre de Mozart signe le Beau, ou du moins la maîtrise — un Beau d’autant plus objectif que de multiples études montrent que la musique classique est bénéfique à la santé, au sommeil et à la concentration — , ces gens différeront dans leur sensibilité à la musique classique. 

Personne ne considérera au fond de lui qu’il s’agit de quelque chose de raté et de laid, mais l’on pourra trouver cela ringard, entrant là sur le terrain du Beau subjectif ; le Beau de l’individu, de la culture, de l’époque. Ce Beau subjectif n’effacera cependant jamais la puissance du Beau objectif, car lorsque une œuvre mise tout sur le Beau objectif, elle devient intemporelle. 

Elle finit par trouver une robe à son goût. Pour elle, elle alliait le Beau objectif, en mettant ses formes en valeur et en l’arborant d’une couleur naturellement attirante, le rouge, et le Beau subjectif, qui était son amour de la dentelle depuis l’enfance. Elle se sentait bien lorsqu’elle en portait.

Le métro était bondé. Serrée dans la rame, elle tentait de se rappeler le trajet jusqu’au lieu de rendez-vous. Et son téléphone ? Elle vérifia sa poche deux fois. Où était ce téléphone ? Elle vérifia toutes les poches de son pantalon, son sac, l‘intérieur de sa fine veste. Rien. Elle se souvenait pourtant l’avoir pris avant de quitter l’hôtel. Bon sang mais où était ce satané téléphone et comment allait-elle le prévenir de son retard si elle ne pouvait pas le contacter ? 

Elle sortit de la station et marcha. C’était la seule solution qui lui venait : marcher et tenter de se faire comprendre auprès d’un local pour qu’il lui indique l’adresse. Soudain, elle senti que quelqu’un lui attrapa délicatement le bras. 

L’Artiste, le Grand Enfant du Monde des Idées

Nous nous installâmes à la terrasse d’un petit restaurant typique, dans une ruelle assez tranquille. La nuit tombait, un pianiste jouait des classiques à quelques établissements de là. Nous étions donc au moins trois artistes dans cette rue, mais deux d’entre eux allaient être réquisitionnés par un plat copieux, du vin et une nouvelle discussion passionnée. 

Si l’Art était l’enseignement par le Beau, nous conclûmes que l’artiste était un dealeur d’émotions. Le soin avec lequel jouait ce pianiste semblait traduire qu’il en était lui-même empreint, ce qui le poussait à les extérioriser et les communiquer, dans cette pulsion bien humaine de partage de l’information.

L’artiste est en quelque sorte un grand enfant du monde des idées. Un enfant a besoin d’explorer et surtout d’extérioriser. Cette activité d’exploration reste néanmoins cantonnée à son environnement concret et immédiat, car il n’a pas encore la capacité d’abstraction. Bien sûr un enfant est extrêmement imaginatif — pensez aux monstres sous les lits— mais il ne peut pas encore pleinement jouer dans ce terrain de l’imaginaire et aller y chasser de l’information pour ensuite l’appliquer au monde concret. 

L’enfant est un “esprit hyperdopaminergique”. La dopamine est ce neurotransmetteur responsable du comportement exploratoire ; lorsque nous avons beaucoup de dopamine, nous cherchons à explorer mais aussi à comprendre. Cela se traduit par de l’énergie, mais aussi par une capacité de réflexion qui turbine : c’est à cela que sert le café. 

A l’entrée dans l’adolescence, apparaissent les différences individuelles dans la préférence à aller chasser l’information soit dans le monde concret, le réel qui nous environne, où le monde des idées, l’imaginaire et l’abstrait. Dans ceux qui se tourneront vers l’imaginaire, certains pourront devenir des artistes : des gens possédant une connaissance instinctive ou acquise du Beau et sachant la retransmettre par leur art, c’est-à-dire leur technique d’exécution.

La science montra que la dopamine était également impliquée dans la mémorisation et même plus, dans la puissance de nos émotions. Cela signifie que plus un individu possède de dopamine, plus ses perceptions seront augmentées et plus il sera une sorte d’éponge du monde. Il sera capable de mémoriser les situations puis de les retransmettre, éventuellement via l’Art, l’Art demandant une capacité d’abstraction impliquant elle aussi la dopamine. 

C’est ce système dopaminergique qui pousse les enfants à demander sans cesse “pourquoi ?” aux adultes, et les adultes à lire des livres de toutes sortes. La dopamine nous enjoint à rechercher l’information, et les opioïdes nous récompensent lorsque nous la trouvons. C’est aussi ce mécanisme qui nous pousse depuis trois millions d’années à nous raconter des histoires, depuis que l’Homme a le Verbe, des histoires racontées de la manière la plus belle possible pour qu’elle s’ancre le plus profondément dans notre mémoire. 

Au fond, nous sommes tous des artistes. 

Les Émotions, les Pulsations de la Vie 

Les notes de piano s’éloignaient au fur et à mesure que nous marchions. Le vin nous avait rendu légèrement euphoriques ; elle riait alors que je la faisais tournoyer sur elle-même comme une danseuse. Nous décidâmes d’aller nous balader sur la plage. 

Ma pensée était décidément fertile en sa compagnie. Seul ou avec son aide, j’avais compris la nature profonde du Beau, de l’Art et des artistes. Pourtant, j’avais la sensation que quelque chose manquait à cette fresque. 

Elle me tira par la manche et nous nous dirigeâmes vers le muret séparant la rue du sable de la plage. Les vagues étaient calmes, l’on entendait quelques criquets striduler dans les dunes. Elle se hissa, s’assoit et me tira vers elle. Nous nous regardâmes durant quelques secondes. J’approcha doucement mon visage du sien, elle ferma les yeux, et nous suspendîmes le temps. 

Je tenais enfin le quatrième élément qu’il me manquait pour comprendre notre amour pour l’Art. C’était l’émotion. Le Beau attirait par l’émotion. L’Art enseignait par l’émotion. L’artiste transmettait par l’émotion. Mais l’émotion, qu’était-ce ? 

Suivez-moi pour la suite. 

Boris Laurent 

Qui suis-je ? En tant qu’anthropologue, mon job est de découvrir nos mécanismes profonds afin de les utiliser à notre avantage. Mes péchés-mignons sont les neurosciences et le storytelling, et ma vision des choses est celle des relations énergétiques entre les êtres humains et eux-mêmes, ainsi qu’avec la terre.

Publié dans: Non classé

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