Le Minimalisme Vous Rendra Plus Heureux Et Productif, Mais à Cette Condition. (Neuroscience et Anthropologie)

Dans le désert, on cherche l’oasis

Lorsque l’on cherche à comprendre d’où vient cette mode du minimalisme, la première idée qui nous vient est de considérer le mouvement comme une réaction à l’hypermatérialisme qui touche l’occident. Un peu dans une mentalité Fight Club, énormément de gens sont las de cette quasi-religion du consumérisme et de toutes ces publicités invasives qui prêchent la bonne parole : “achetez, achetez, achetez”. Alors, ils se rebellent et n’achètent plus rien mis à part du nécessaire, au point que certains en viennent à dormir à même le sol avec une cafetière pour seul meuble.

Une fois que l’on étudie toutes ces vidéos de minimalistes sur Youtube pourtant, l’on constate que le mouvement n’est en réalité pas spécialement habité par un sentiment de rébellion. La plupart de ces youtubeurs et blogueurs n’évoquent même pas ce que je viens de vous dire — la religion du consumérisme. Ils vous expliquent juste que cela leur fait du bien, que cela aère leur esprit et leur permet d’être plus performant. Intéressant. Voici ma théorie.

Ma théorie est que le minimalisme n’est pas qu’une affaire de rébellion ni même qu’une affaire de “propreté de l’esprit”. Je pense que cela met en jeux un mécanisme neuroscientifique extrêmement important, et je vais vous expliquer pourquoi. 

Ce n’est pas que l’effet d’amorçage.

Tout le monde aime être propre. Se sentir bien habillé et avoir une belle maison rangée est un sentiment très plaisant. Notre habitat est d’une certaine façon une extension de nous-même ; son état a un impact sur notre ressenti intérieur et le minimalisme en allégeant environnement va donc alléger l’esprit, sûr. Mais il y a plus que cela, et pour tout vous dire je l’ai compris en analysant qui étaient ces minimalistes. 

Les promoteurs du mouvement sont généralement des hommes ou des femmes jeunes, célibataires et énergiques. Ils ont de l’ambition, et ils veulent s’en donner les moyens. Et en fait, c’est exactement ce qu’ils font.

La dopamine est ce neurotransmetteur qui nous pousse à l’exploration et à la motivation d’aller vers nos buts. Lorsque vous sentez l’odeur d’un bon plat et vous avez terriblement faim, de la dopamine est libérée. Lorsque vous êtes sur le point de terminer un projet important, des cascades de dopamine coulent dans votre cerveau. Et quand vous buvez un café pour vous réveiller, vous vous administrez un “shoot” de dopamine. 

Mon raisonnement est celui-ci : dans un environnement minimaliste, la sensation de vide poussera inconsciemment, et je dis bien inconsciemment, à conquérir le monde. Pourquoi ? Car notre système dopaminergique est réactif à ce qui se trouve dans notre champ de vision. Et que lorsque vous vous trouvez dans un désert, vous recherchez instinctivement l’oasis. 

Le minimalisme est un exemple de processus mental inconscient qui se traduit en phénomène de société. 

Le minimalisme n’est pas pour tout le monde.

Le minimalisme est parfait pour vous à cette condition : il s’agit d’être dans de ce que j’appelle une phase de conquête. Lorsque par exemple vous êtes un entrepreneur, un étudiant déterminé ou que vous cherchez du travail. Car si vous avez atteint une phase d’équilibre dans votre vie, que vous avez bâti une famille, avez un travail et que la vie se déroule normalement, alors le minimalisme sera une subliminale source de stress. 

Laissez-moi vous expliquer. 

Lors d’une phase d’équilibre, avoir un foyer chaleureux (ce qui ne signifie pas complétement saturé d’objets) est important pour le repos et la cohésion du groupe, de la famille. Il s’agit là simplement du même principe qu’habiter une région riche et fertile sur la terre : dans les régions riches et fertiles, c’est l’aspect social qui prime. Dans les régions pauvres ou rudes, c’est le travail et la conquête. 

Minimalisme et intérieur “cocon” suivent le même principe. Un environnement très riche va focaliser l’individu sur le présent et le rendre calme. Allez voir les indiens Aymaras d’Amazonie qui vivent paisiblement de la pêche : ce sont des gens très calmes. A contrario, être dans environnement épuré voir désertique pousse le système dopaminergique à rechercher la stimulation, qui est en fait la vie, ailleurs que dans son environnement immédiat. Pensez aux bédouins d’Arabie, des conquérants dans l’âme. 

Ce système de la récompense est extrêmement mis à l’épreuve dans notre environnement moderne. Un simple aller-retour dans une maison au hasard et votre champ de vision a déjà croisé une page de magazine où un corps à moitié dénudé à fait flamber votre dopamine, une console de jeux, la télévision allumée, de la nourriture, des obligations et des tâches à réaliser comme du linge qu’il faut repasser. Tout cela consomme de l’énergie — cette énergie est économisée dans un mode de vie minimaliste.

En conclusion, si vous avez un but en tête et que vous avez besoin de tout votre feu intérieur pour l’atteindre, le minimalisme est une bonne idée. Mais si vous avez atteint une phase d’équilibre, alors être minimaliste deviendra vite source de stress et d’inconfort inutile. 

Boris Laurent 

Publié dans: Non classé

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s