Ce Que Les Chasseurs-Cueilleurs M’ont Appris Sur La Procrastination Et La Productivité

Nous avons tort de culpabiliser. Voici quelques techniques concrètes.

La procrastination ! Le mal de l’occidental moderne dévoué à sans cesse améliorer sa productivité. 

On ne compte plus le nombre d’articles à propos de ce terrible instant de flottement indécis, et il faut bien avouer que la plupart d’entre eux marchent du tonnerre malgré leur vide absolu. Pourquoi ? Parce que les procrastinateurs sont désespérés, et surtout qu’ils culpabilisent. 

En tant qu’ex-procrastinateur professionnel et en tant qu’anthropologue, ce que j’aimerais leur dire est qu’ils devraient arrêter sur le champ. Je vais leur expliquer pourquoi. Et je vais leur donner des techniques concrètes pour l’éliminer.

La procrastination est un problème bien moderne.

Les heures d’activités des chasseurs-cueilleurs sont assez similaires aux nôtres. Les premières lueurs du soleil signent le réveil de la tribu, et tout le camp se lève paisiblement pour s’étirer, boire un peu, préparer les outils et les paniers. Vers 8h, les femmes, jeunes enfants et vieillards encore vigoureux prennent le chemin de la cueillette, tandis que les hommes partent à la chasse. 

L’activité dure approximativement six heures. Six heures d’activité intense que tout le monde racontera ensuite une fois revenu au camp en fin d’après-midi, tous impatients de se relaxer. 

Lorsque l’on parle de l’activité intense des chasseurs-cueilleurs, il faut cependant apporter une précision importante. 

Si la cueillette et particulièrement la chasse sont des activités soutenues et demandant de la concentration, l’une afin de sélectionner les baies, plantes et fruits non-mortels et l’autre afin de pister, traquer et tuer la proie, ces six heures ne sont pas des heures d’hyper-focalisation continue

Le besoin d’hyper-focalisation ne se présente que sporadiquement, ne dure pas longtemps, et les chasseurs-cueilleurs ont largement de quoi reprendre leur esprit entre ces épisodes de concentration. D’ailleurs, c’est précisément ce qui fait leur efficacité. 

Que les procrastinateurs comprennent donc cela en premier : dans les conditions les plus optimales, le cerveau humain n’est simplement pas câblé pour plus de quatre heure et demie de focalisation continue. Il ne sert donc strictement à rien de culpabiliser si vous n’arrivez plus à vous concentrer après une journée — tout ce qu’il vous faut, c’est une méthode et des techniques. 

C’est une première donnée importante. Quatre heure trente est votre quota journalier de concentration optimale, et si vous parvenez à les utiliser au maximum, vous pourrez opérer dans ce laps de temps autant de travail que beaucoup ne le font en une journée entière. Passé ces heures de travail hyper-focalisé, mieux vaudra s’orienter vers les tâches qui demandent le moins de concentration et serviront à compléter l’oeuvre accomplie précédemment. 

Je vais vous expliquer comment tirer parti au maximum de ces heures, puis comment dépasser concrètement l’envie de procrastiner. 

4h30 pour déchaîner la bête 

Contrairement à ce qu’en dit la pensée populaire, les nomades “old-school” ne sont pas des sauvages mal-nourris et sales. Pour la majorité ils sont athlétiques et sains, et leur alimentation est de très haute qualité puisque complétement naturelle. Ils se couchent de plus assez tôt et vivent une vie peu stressante, et de ce fait les chasseurs-cueilleurs sont tous les jours au top de leur forme. 

Être au top de sa forme est une condition obligatoire pour performer un tel niveau d’activité. Ca l’est également pour performer quatre heure trente d’hyperfocus. 

Tips : ne fumez pas ni ne buvez pas la veille de votre session : alcool et tabac taxent énormément dans les stocks de dopamine, neurotransmetteur extrêmement important pour la motivation et la combativité. 

La deuxième chose à faire est de fractionner son temps, exactement comme le font les chasseurs-cueilleurs lorsqu’ils alternent entre concentration et relâchement. Une bonne méthode est la méthode “pomodoro” : diviser ces 4h30 en plages de 20 ou 40 minutes avec des pauses entre elles. Les pauses sont extrêmement importantes : ce ne sont pas du temps perdu, mais bien du temps récupéré. 

Pourquoi les chasseurs-cueilleurs ne procrastinent-ils pas ? 

Parce qu’ils n’ont pas le choix me direz-vous. Certes, mais surtout parce qu’ils ont ce que j’appelle un objectif ultime. 

Laissez-moi vous expliquer. 

Les gens qui procrastinent considèrent leur tâche comme un but en soi et ils en ont peur. Il s’agit du même phénomène que celui de la page blanche. Ils ont peur de mal faire, ou de ne pas arriver à faire, alors ils se bloquent. 

Lorsqu’un chasseur piste une proie, il ne s’arrête pas devant un ravin car il a peur de mal faire et de se blesser, il cherche le meilleur moyen de le franchir et d’atteindre son objectif ultime qui est l’animal. 

Lorsque vous procrastinez, levez-vous et rappelez-vous haut et fort quel est votre objectif ultime. Cette tâche ne sera qu’une marche vers celui-ci. 

Cette technique fonctionne du tonnerre. Je pourrais vous sortir toute une science sur le mécanisme cérébral de la motivation en vous parlant de la dopamine et autres, mais cela serait inutile. Testez. 

Finalement, s’entraîner et retrouver le contexte originel 

Les chasseurs-cueilleurs s’entraînent à la concentration. Les jeunes garçons s’entraînent à viser, les jeunes filles à faire attention à quels plantes et fruits elles saisissent. 

Nous pouvons nous s’entraîner à l’hyperfocus. Voici deux techniques imparables : la méditation et la cohérence cardiaque.

Et lorsque vous sentez que vous avez besoin de vous recharger, allez faire un tour en pleine nature : plusieurs études ont démontré que cela augmentait drastiquement la concentration. 

Un beau retour aux sources.

Boris Laurent

Qui suis-je ? Anthropologue, mon job est de saisir nos mécanismes profonds pour les utiliser à notre avantage. Mon péché mignon est la neuroscience et ma grille de lecture est celle de la calorogie, c’est-à-dire des rapports énergétiques entre les êtres humains avec eux-mêmes ainsi qu’avec la terre.

Suivez-moi pour toujours plus d’articles. 

Publié dans: Non classé

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