Stop, penser positif ne suffit pas — le mode par défaut et comment déclarer la guerre à ton cerveau

La triste vérité à propos des gens intelligents ? Ce sont généralement les les plus tristes, ce qui soit les consume à petit feu, soit les pousse à se battre contre leur souffrance.Quand ils décident de se battre, ils se mettent à réfléchir aux problèmes et faire avancer l’humanité entière.

Prenez Jordan B. Peterson. Cet homme a connu l’alcoolisme et la dépression grave. Aujourd’hui c’est l’un des plus grands intellectuels américains, un de ceux qui ramènent à la vie des centaines de milliers de personnes d’un coup, en une lecture, en un livre, en une phrase, en un soir, en une larme.La souffrance est au service du bien pour celui qui décide de l’affronter.L’ère occidentale moderne est à la compassion systématique, à l’espérance, souvent molle, parfois même à la passivité. À tous ces gens tourmentés, les stressés, les anxieux, les déprimés, les inquiets, les agités, on leur parle de lâcher-prise, d’acceptation de soi, on leur parle d’attente heureuse, de cueillir le jour et de cette fameuse pensée positive : on tente par tous les moyens de leur vendre la tranquillité d’esprit, ce fameux « Bonheur ».Soyons clairs : toutes ces choses ne sont pas à jeter à la poubelle. Apprendre à voir différemment les choses et à “penser positif”, c’est-à-dire à en quelque sorte se forcer à voir la vie du bon côté, ne sont pas des choses vaines.La pensée à un effet indéniable sur le corps et l’esprit. En fait, cela fait partie de ce qu’on appelle le priming et ce sera le sujet du prochain article de cette série. Non, il n’y a absolument rien de mauvais à accueillir du contenu qui vous donne le sourire, mais voilà ce qu’énormément de gens ont besoin de comprendre : penser positif n’est que la cerise sur le gâteau, pas le moteur de l’amélioration.La pensée positive est de l’essence de bonne qualité, mais rien ne sert de la bonne essence si votre moteur (votre cerveau), votre voiture (votre corps), et encore votre route (votre environnement) sont en mauvais état.

Photo by Paul Green on Unsplash

Lorsqu’une plante a mauvaise mine, on l’arrose, on change sa terre, on l’expose à la lumière. On peut par la suite lui diffuser de la musique classique pour favoriser sa croissance (Chivukula, V., & Ramaswamy, S. 2014 ; Jeong, M. J., Shim, C. K., Lee, J. O., Kwon, H. B., Kim, Y. H., Lee, S. K., … & Park, S. C. 2008) (la musique est un enchaînement de vibrations sonores harmonieuses, c’est-à-dire favorables à la vie, et les vibrations ont une réalité physique), mais c’est un plus, pas une base.L’être humain suit le même principe : il lui faut d’abord des conditions concrètes de vie saines et une physiologie optimale pour bien se développer, pour qu’une fois ces bases posées il puisse s’enrichir de réflexions, de positivité et de méditations internes (et d’ailleurs aussi de musique classique qui améliore l’humeur et la santé (Trappe, 2010)).J’ai une bonne nouvelle pour tous ceux qui ne l’ont pas, cette tranquillité d’esprit. J’ai une bonne nouvelle pour tous ceux qui ne considèrent pas le Bonheur comme un état de nirvana permanent (qui est impossible) mais plutôt comme le voyage et surtout l’avancement vers un but, vers la conquête de ses rêves, et pour qui le manque de sérénité est un frein inutile.Vous n’avez pas à acheter toutes ces paroles abstraites ni à attendre et à espérer quoi ce soit. La seule chose que vous devez faire, c’est entrer en guerre : en guerre avec vous-même, contre vous-même, pour vous-même.Vous allez conquérir cette tranquillité vous-même.La guerre implique l’attaque et la destruction, mais il ne s’agit pas de détruire sa personne. Il s’agit d’attaquer et détruire ce que nous nous ne voulons plus de nous ; lâcher les blocs de pierres que nous trainions sur le dos et les oublier, là, définitivement.Cela ne va pas être facile, mais cela va marcher.

Sécher ses larmes et nettoyer ses armes : Nous sommes notre milieu

L’effet papillon : tout comme chaque goutte de bonheur dans un groupe rayonnera sur l’ensemble, chaque goutte de négativité impactera l’ensemble, ternissant le groupe et l’érodant peu à peu. On ne cite même plus le nombre d’études démontrant l’impact grave du stress des parents sur les enfants, sur le couple ou sur l’amitié ; être serein est un devoir de citoyen et un devoir d’être humain.Plus vous vivez dans un environnement stressant, plus votre cerveau place son focus sur l’impulsion, l’anxiété et la vigilance, moins sur la réflexion et l’analyse ; moins sur la rationalité. Plus votre environnement est paisible ou du moins gérable, moins vous secréterez d’hormones du stress, le cortisol. Vous aurez alors l’esprit plus clair. L’émotion positive plus facile. L’enthousiasme plus franc, le sourire moins forcé.La plupart des gens sont persuadés que leur pensée est autonome et rationnelle. A ceux-là il faut dire : “réfléchissez-y deux fois”.Dans une expérience, on donnait à lire aux sujets des mots liés au stéréotypes des personnes âgées (comme “rides”, “retraite”, etc). Alors que les mots ne mentionnaient pas explicitement la vitesse ou la lenteur, les cobayes marchaient plus lentement à la sortie de la cabine de test que ceux qui étaient amorcés avec des stimuli neutres (Bargh et al.1996).Dans une autre, on donnait aux participants un club de golf que l’on disait avoir appartenu à un golfeur professionnel (Subbotsky, E., 2005). Les participants furent meilleur au jeu que ceux ayant reçu un club normal, et perçurent le trou comme plus large qu’en temps normal.Et en entrant dans un bureau, les gens deviennent plus compétitifs en voyant une serviette en cuir posée sur le bureau, parlent plus doucement quand ils regardent une photo de bibliothèque sur le mur, et nettoient davantage leur table quand il y a une vague odeur d’agent de nettoyage dans l’air (Kay, Wheeler, Bargh, Ross 2004 ; Aarts, Dijksterhuis, Pers 2003 ; Holland, Hendriks, Aarts, 2005).Il y en a encore des centaines comme cela.L’environnement est primordial. Ranger sa maison, s’habiller correctement, habiter un quartier agréable, diminuer les actualités négatives : prendre soin d’opérer dans un environnement le plus sain possible est la première condition à la sérénité et au dépassement de ses faiblesses.

Photo by Jason Briscoe on Unsplash

Tout comme il faut une société en paix pour créer de l’innovation, ou plutôt de l’innovation constante et profonde permettant de percer étapes par étapes des problèmes complexes, il faut un cadre environnemental sain pour pouvoir attaquer ses problèmes ingénieusement dès le départ.Les étapes de chaos génèrent aussi grosses avancées novatrices mais ces innovations correspondent aux besoins immédiats et moins aux gros travaux de pensée visant à préparer le long terme.En d’autre termes, plus votre environnement sera stressant, en désordre, plus vous vous concentrerez sur la résolution de problème à court terme : envie d’une cigarette ? Vous fumerez. Stressé par votre travail ? Vous ouvrirez une bouteille de vin. Puis deux. Puis trois, le tout dégradant sans cesse un environnement déjà troublé, le tout attisant la spirale infernale vers l’enfer et diffusant la brume du malheur autour de vous.Il est possible de faire une analogie entre l’état d’une société à l’état de son propre esprit.La guerre (le stress) est un formidable nid de progrès technologique, à la fois de par la pression concurrentielle (l’anticipation du danger), et à la fois de par le départ des cerveaux vers d’autres lieux (la recherche de solutions à son problème), augmentant la confrontation des idées.Néanmoins, la pression et le stress augmentent la focalisation sur l’immédiat, sur un domaine précis, et réduisent le champ de vision, donc la vue globale et les liens entre plusieurs sujets ; donc le progrès de fond.Les guerres génèrent de la technologie militaire parfois extrêmement complexe, les périodes stables et ouvertes génèrent des collisionneurs à particules requérant le savoir de scientifiques du monde entier sur vingt ans et reposant en partie sur les avancées technologiques faites en temps de guerre.Le stress génère de l’adrénaline et permet de réagir aux problèmes devant nous, mais la tranquillité d’esprit permet d’anticiper le long terme et donc les situations de stress épuisantes pour le corps et l’esprit.Pour régler un problème quel qu’il soit, il faut d’abord minimiser dans le maximum du possible le désordre autour de soi. Avoir l’esprit le plus reposé possible et donc l’environnement le plus sain et paisible possible, comme une société en paix pouvant bâtir un collisionneur à particules.Le stress provoque une “vue en tunnel”, le relâchement ouvre le champ de vision. Tolérer un mode de vie stressant est tolérer de devenir moins intelligent : le stress perturbe la neuroplasticité, c’est-à-dire la capacité de votre cerveau à s’adapter à votre vie et à apprendre de nouvelles choses (Pittenger & Duman, 2008). Stoppez le stress constant et vos capacités cognitives exploseront en puissance.Tolérer le stress est donc prendre risque de s’y enfermer. Pour régler un problème en profondeur, il faut prendre de la hauteur et de l’apaisement, il faut soigner son environnement et soi-même, et alors le combat peut commencer.

Premier assaut : le réseau du mode par défaut (default mode network)

Note : ce passage est un peu technique, mais accrochez-vous, cela en vaut la peine.Ondit souvent que les plus grandes trouvailles scientifiques, mathématiques ou encore littéraires ont été faites dans la douche, lors d’insomnies ou lors de longs trajets en voiture.Il y eu le cas d’Auguste Kékulé, ce chimiste allemand qui eu une révélation sur la structure du benzène en pleine somnolence devant ses feuilles de travail, il y eu celui de Boris Laurent qui trouva la suite de son grandiose article alors qu’il cuisinait des nouilles au poulet à 4h50 du matin (un peu trop épicées, mais c’est une autre histoire).

Source : http://slideplayer.com/slide/3469760/12/images/13/The+Default+Mode+Network+is+Important.jpgQuand il n’est pas entièrement focalisé sur une tâche ou un événement, le cerveau est dans un état de fonctionnement impliquant un ensemble de zones cérébrales connectées entre elles et travaillant en même temps. On l’appelle « réseau du mode mental par défaut » (Marcus E.Raichle ; Abraham Z.Snydera, 2007).Cet état mental de repos ne l’est pas, puisque lorsque notre cerveau est focalisé dans une tâche, il ne consomme que 5% d’énergie de plus que quand le réseau du mode par défaut (RMD) est opérationnel.Même quand nous ne faisons rien de précis, le cerveau tourne donc à haut régime. De quoi s’occupe-t-il donc ?Il rêve. Le RMD est notre état de rêverie, l’état ou la cogitation mentale se fait la plus forte et où les souvenirs remontent à la surface, nous faisant penser à notre futur, à qui nous-sommes, à qui nous étions. Pensez à ces fois où vous regardiez par la fenêtre lors d’un trajet en bus, perdu dans vos pensées : votre RMD était aux manettes et en train de classer les dossiers ; en train de classer vos souvenirs, vos pensées, vos joies et vos inquiétudes.Énormément de gens sont en conflit avec leur réseau par défaut car c’est précisément dans cet état que notre mental peut prendre contrôle de nous-même si nous n’avons pas appris à le maîtriser.

Photo by Paul Hanaoka on Unsplash

Voyez un chat. Un chat passe la majorité de sa vie dans ce qu’on appelle un état de pleine conscience (mindfulness). Lorsqu’il est au repos, il ne pense à rien mais est attentif à tout, sans se focaliser sur une chose : il est simplement présent, calme, dans l’ici et maintenant.Pourquoi notre cerveau ne se met pas automatiquement en pleine conscience au repos mais préfère penser à énormément de chose ?Car nous sommes capables de nous projeter spirituellement dans le temps et l’espace et concevoir une autre réalité : des futurs potentiels, des passés alternatifs, des présents imaginaires. Parce que nous avons l’imagination et la planification, le langage et la mémoire, et que nous sommes les êtres les plus complexes de la planète. Des êtres complexes qui vivent et expérimentent des vies, des problèmes, des joies et des interactions à leur image.Il faut donc pouvoir mémoriser, organiser, écrire ou réécrire tout cela dans notre fort intérieur. Le travail du RMD est de donner le champ libre à notre mental pour nous faire réfléchir sur ce qui nous préoccupe, tout en faisant le tri parmi nos souvenirs et pensées que l’on a intégré via l’émotion.Les pensées et souvenirs qui surgissent parfois sans aucune raison apparente lorsque vous êtes au repos ont ainsi pour but de vérifier si elles provoquent toujours une réaction émotionnelle, car la réaction émotionnelle qu’elle soit positive ou négative signe que le souvenir est encore important, donc potentiellement utile si la situation se représente. Si réaction il y a, les souvenirs et pensées seront conservés, si non, ils seront peu à peu détruits dans votre sommeil.Lorsque le chat part en balade, il quitte son état de pleine conscience pour entrer dans un état de concentration. Il se concentre sur son chemin et sur la souris qu’il chasse.

Lorsque nous débutons une tâche avec un but, comme le chat pistant la souris, le RMD s’éteint et un autre schéma mental s’allume, le réseau de tâche positive (RTP). Celui-ci implique des zones s’occupant de notre capacité d’attention focalisée et notre mémoire de travail (la capacité à retenir plusieurs choses en même temps et à jongler avec).RMD et RTP sont concurrents. Très schématiquement, plus l’un tourne, plus il se muscle. Et plus il se muscle, plus l’autre réseau perd en puissance.Lorsque quelqu’un se concentre activement sur quelque chose, il fait tourner son RTP, il le muscle. Lorsque quelqu’un est “dans la lune”, il fait tourner son RMD, et il le muscle aussi, même si ce système n’en a pas vraiment besoin puisqu’il est automatique. Certaines personnes ont d’autre part des réseaux du mode par défaut beaucoup plus actifs que d’autres naturellement : ce sont les créatifs, les introvertis, les anxieux, les penseurs compulsifs.L’espèce humaine est une espèce tenace et elle ne se laisse jamais dominer facilement. Même par ses propres pensées.Pour développer la maitrise de leur monologue mental et donc de leur RMD, les Hommes ont créé une pratique dérivée de l’enseignement du Bouddha, la méditation pleine conscience. Nous avons imité les chats. Lorsque un moine bouddhiste médite, c’est-à-dire se concentre sur sa respiration, il est en plein RTP, il le muscle, et réduit ainsi peu à peu la puissance de son réseau du mode par défaut.Mais si RMD et RTP sont concurrents, ils travaillent également souvent ensemble : c’est ce qui a amené la trouvaille d’Auguste Kékulé, et c’est ce que nous allons voir avant d’aller plus loin.


Qui n’a pas connu ces états particuliers de pensées profonde en conduisant sur de longues distances, surtout la nuit ? En voiture, sur un trajet paisible, on enchaine entre période de focalisations et rêveries. C’est ce qui explique la fécondité de la pensée : on est dans une réflexion sereine couplée à une action calme et sûre.

Photo by anja. on Unsplash

Par la concentration sur la route, on stimule la zone de l’analyse de l’environnement, le RTP, et quand on passe en RMD de temps en à autres – car la conduite est une tâche monotone à certains moments -, alors dans ce relâchement le cortex préfrontal travaille sur les problèmes soumis, c’est-à-dire les idées et questions qui nous habitent pour le moment.Il y travaille d’autant mieux qu’on l’aura échauffé par les fonctions cognitives que nous demande la conduite, mais aussi car il prend ces questionnements pour des stimuli du milieu direct ; les boucles de pensées remontent à la surface au cas où elles seraient en rapport avec la tâche en cours.Il y a donc une alternance RMD/RTP qui va rendre la pensée féconde. Cette alternance ne se retrouve pas qu’en voiture, mais aussi sous la douche, en cuisinant un plat habituel, en jardinant ou en contemplant le feu qui brûle sous la cheminée.On se concentre sur une tache spécifique, mais la concentration est entrecoupée de moment de fonctionnement en « pilote automatique », car il s’agit d’habitudes programmées, de mouvements machinaux.On a donc stimulé notre centre de la planification et de la résolution de problème via la résolution d’une tâche (préparer les aliments, allumer le feu, trouver l’autoroute, se savonner dans la douche), ce qui induit un état de RMD plus vif et plus préparé. Pour schématiser, on a « préchauffé » le cortex préfrontal. On réfléchit bien, les pensées coulent d’elles-mêmes, et des solutions aux questions qui tournent dans notre tête peuvent surgir.Le cas de figure un peu plus poussé est d’ailleurs celui de l’après-amour, la brève période suivant une relation sexuelle. Non seulement notre focalisation a été portée au maximum, mais elle s’est ensuite stoppée nette par des décharges d’hormones relaxantes nous plongeant dans un état presque hypnotique. C’est ce qui explique ces moments de philosophie commune et de grandes discussions sentimentales sur l’oreiller, les cheveux en bataille.Lorsque vous ne trouvez pas de solutions à un problème, travaillez d’abord ardemment dessus. Focalisez-vous au maximum de votre capacité. Repassez tout en revue, notez les éléments que vous avez à votre disposition.Ensuite, lâchez-tout. N’y pensez plus. Allez prendre une bonne douche bien chaude, allez vous balader avec votre chien et admirez le paysage, cuisinez un plat habituel tranquillement. Dormez une bonne nuit de sommeil. Faites du sport, générez des endorphines, ces hormones relaxantes.Si vous vous êtes suffisamment torturé l’esprit précédemment et avez bien regroupé les éléments, fortes sont les chances que de votre conscience relâchée (en fait votre RMD en train de tourner à plein pot) ressorte un début de solution ou une solution tout court1) Concentration intense- 2) relâchement- 3) fécondité de la pensée.


Revenons à la méditation.

Photo by Simon Migaj on UnsplashJ’avais expliqué que le mouvement Nofap était une réaction à la pornographie en accès libre et son impact de plus en plus alarmant sur le cerveau.La pratique millénaire de la méditation est devenue hype dans la société occidentale depuis quelques années — et je parle bien de la pratique volontaire et ritualisée de la méditation, car le pêcheur focalisé son hameçon est aussi en train de méditer, tout comme le randonneur absorbé par la beauté de la nature, et tout comme la personne dans l’église se recueillant devant la statuette du Christ, du moment que leur réseau par défaut, c’est-à-dire leur état de rêverie interne, ne s’enclenche pas.Au passage, on pourrait croire naïvement que ce principe de focalisation sur un point peut s’appliquer au visionnage de la télévision. Après tout, la télévision nous absorbe totalement et met d’une certaine manière l’esprit en “mode off”. Mais ce n’est pas du tout le même mécanisme. La télévision absorbe notre attention car elle surstimule notre système de repérage du mouvement dans l’environnement, le même système qui s’active lorsqu’une araignée passe dans votre champ de vision. La télévision et ses dizaines d’images par seconde va “hacker” ce système, absorbant la focalisation, ce qui fatigue fortement le cerveau et sa capacité d’attention : la télévision est ainsi négativement corrélée aux performances scolaires (TV Lobotomie, Michel Desmurget)Ce que la méditation et Nofap nous démontrent, c’est qu’en règle générale, lorsqu’un phénomène prend une telle ampleur aussi rapidement et surtout se maintient, c’est que tout comme les mutations à l’échelle de l’évolution des espèces il apporte une réelle solution à une problématique du milieu.La méditation calme les chasseurs-cueilleurs 2.0 que nous sommes.

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Le stress urbain, le fait de devoir penser à tout, planifier, organiser, des notifications, des e-mails, du bruit, des cris : l’humanité a mis les pieds dans une époque à laquelle elle n’est pas encore préparée et l’épidémie de burn-out et dépression nous le démontre aisément.Il y a deux types de méditants (les deux pouvant aller de pair):Ceux qui accueillent le mysticisme et les différentes traditions spirituelles qui accompagnent l’acte de méditation.Les pragmatiques qui se concentrent sur l’utilité pure de l’acte.Qu’ils soient de l’un ou l’autre type, quand il est question de citer les bénéfices physiologiques de la méditation, énormément de gens s’arrêtent au fait que méditer les calme. Ce qui est déjà une excellente chose !Pourtant, les effets ne se limitent pas qu’à cela, et de loin.Méditer régulièrement va :Diminuer nettement l’anxiété ( F. Zeidan, K. T. Martucci, R. A. Kraft, J. G. McHaffie, R. C. Coghill, 2013)Induire des changements dans l’expression de gènes impliqués dans la douleur ou encore le stress intense ( Perla Kaliman, María Jesús Álvarez-López, Marta Cosín-Tomás, Melissa A. Rosenkranz, Antoine Lutz, Richard J. Davidson, 2014)Assurer une transmission plus rapide de l’information dans le cerveau (Eileen Luders, Florian Kurth, Emeran A. Mayer, Arthur W. Toga, Katherine L. Narr, Christian Gaser, 2012) en proportion à votre durée d’expérience.Augmenter la créativité (Lorenza S. Colzato, Ayca Szapora, Dominique Lippelt, Bernhard Hommel, 2014) — mais surtout lorsque la méditation est axée sur l’accueil des sensations venues du monde extérieur, en opposition à une méditation concentrée sur quelque chose de précis, comme sur un objet ou sur la respiration.Augmenter la résistance à la douleur ( F. Zeidan, N. M. Emerson, S. R. Farris, J. N. Ray, Y. Jung, J. G. McHaffie, R. C. Coghill)Augmenter la capacité de concentration et diminuer l’errance de l’esprit, diminuer le flots de souvenirs souvent négatifs qui reviennent à la surface (via la diminution en puissance du DMN).Augmenter les niveaux d’émotions positives.Augmenter la patience et la tolérance aux événements désagréables de la vie contre lesquels nous ne pouvons rien, pas seulement grâce aux effets concrets de la pratique, mais aussi par l’effet de priming : on se programme à rester zen.Vous faire prendre des décisions plus rationnelles et plus réfléchies (A. C. Hafenbrack, Z. Kinias, S. G. Barsade, 2013)Diminuer la réactivité émotionnelle, l’excès de sensibilité aux événements.Augmenter la qualité du sommeil ( David S. Black, Gillian A. O’Reilly, Richard Olmstead, Elizabeth C. Breen, Michael R. Irwin, 2015)Augmenter la conscience de son propre corps : on est littéralement plus conscient de ses opérations internes, on sent directement quand un aliment est nocif ou sain pour soi, et l’on repère nettement mieux ses patterns, ses réactions instinctives et ses habitudes.Maintenir une quantité optimale de noradrénaline dans le cerveau grâce à la respiration profonde et régulée (Michael Christopher Melnychuk, Paul M. Dockree, Redmond G. O’Connell, Peter R. Murphy, Joshua H. Balsters, Ian H. Robertson, 2018).Arrêtons-nous sur ce dernier point. La noradrénaline est un “engrais” pour le cerveau : si produite ni en trop basses ni en trop hautes quantités (comme lorsque vous êtes très fatigué ou lorsque vous êtes en danger), elle aide à créer de nouvelles connections.Elle est relâchée lorsque nous nous sentons curieux, excités, concentrés, et la façon dont nous respirons va influer directement sur sa production, puisque la respiration est en rapport direct avec l’état d’excitation de notre système nerveux.En stabilisant une respiration calme et profonde, le méditant relâche de la noradrénaline ; il verse de l’engrais lui permettant de mieux et plus vite se concentrer sur les tâches de son quotidien, tout en créant plus rapidement de nouvelles connections entre neurones et en diminuant l’impact du vieillissement. Pas mal pour quelque chose de gratuit, non ?Une bonne astuce est ainsi de méditer dix minutes juste avant une grosse séance de travail : votre focus vous étonnera (valable surtout si c’est un travail demandant une forte concentration, comme le dessin ou du sport ; si c’est un travail demandant de la réflexion poussée, comme l’écriture, alors il vaut mieux chercher à libérer des endorphines afin d’assouplir l’esprit et mieux connecter les points entre eux, en buvant un verre de vin par exemple ; de là vient l’image stéréotypée du poète enivré et passionné).Vous avez du mal à méditer pour la première fois ? A vous concentrer sur votre respiration car les pensées surgissent comme des fusées ? C’est absolument normal. En fait, c’est le principe même de la méditation : apprendre à se concentrer. Il existe des milliers de tutoriels sur Youtube, et allez voir mon précédent article, où j’explique que le progrès est exponentiel : il faut passer par une phase de décollage, puis les choses décollent et prennent en puissance de plus en plus vite, d’autant plus vite que méditer renforce … le contrôle de soi, la motivation et l’auto-discipline.

Photo by rawpixel on Unsplash

In fine, La méditation est une base extrêmement solide si l’on a décidé de déclarer la guerre à son cerveau — c’est-à-dire si l’on a décidé de modifier volontairement son cerveau grâce à ses pensées et à ses actes, et se faisant de modifier ses réactions, donc ses résultats, donc sa vie, donc son destin.Grâce au progrès de la science, nous avons désormais des pistes pour modifier directement notre moteur nous-même et ainsi résoudre nos imperfections et nos freins , des plus bénins aux plus plus importants, même si ces derniers nécessitent évidemment un accompagnement professionnel.Et vous savez quoi ?C’est fabuleux.

Publié dans: Non classé

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