Ce que j’aime le moins dans ma génération

Nous avons vu la transition entre l’ancien monde et le nouveau, celui des réseaux sociaux et celui du savoir désormais transmis non principalement par les anciennes générations mais désormais par internet.

Ma génération (1995, fin de la génération Y et juste avant les fameux “millenials”) est la dernière qui n’a pas connu internet dans son enfance.

Le nom qui lui fut donné, la “génération Y”, le fut car le “Y” en phonétique anglaise est prononcé “wai”, comme “why”, comme “pourquoi”.

Ma génération vu le monde se transformer comme jamais et c’est elle qui fut en première ligne, car en pleine jeunesse nous furent modelé par cette vague de changement. Nous sommes une génération sacrifiée autant qu’une génération bénie. Nous avons le recul et le pragmatisme d’un monde où il fallait encore savoir lire une carte routière pour voyager, et l’insouciance d’un monde où tout nous est disponible d’un clic.

Cette position transitoire ne nous a pas réussi globalement. Trop de désorientation, trop de nécessités d’adaptations. Nous n’avons pas vraiment accouchés de grandes figures révolutionnaires, philosophiques ou artistiques, comme celles des années quarante qui donnèrent 1968 ou la contreculture américaine.

Nous n’avons pas vraiment créés d’identité propre, de marqueur générationel, car lorsque tout se jouait, dans l’adolescence, ce fut justement le début d’internet, et internet nous ouvra sur le monde entier ce qui coupa notre homogénéité et nous divisa en multiples mouvements de modes qui aujourd’hui se traduisent par une multitudes de courants de revendications.

Si notre adolescence ne parvint pas à marquer l’Histoire comme celle des blousons noirs, comme celle des grunges, comme celle hippies, nous bénéficiâmes donc cependant d’une opportunité incroyable, internet, qui s’ouvrit à nous dans l’âge où la conscience du monde qui nous entoure se formait, c’est-à-dire l’adolescence et aujourd’hui l’âge de jeune adulte.

Nous sommes une génération possédant une vue globale extrêmement grande. Bien sûr nous n’avons pas encore la sagesse de la vieillesse, mais nous n’avons pas non plus la désinvolture des millenials. Nous avons cependant de la colère, et nous cherchons des réponses et des combats.

Ce que je déteste dans ma génération ? Sa peur. Sa division. Son manque de confiance en elle. Son besoin obsessionnel de se chercher des luttes de tous les côtés plutôt que de converger vers une seule et bâtir. Notre grande guerre fut spirituelle, nous dûmes nous construire dans un monde en plein retournement, mais lorsque nous nous serons relevés de notre désorientation, lorsque nous aurons atteint le vrai âge adulte, alors nous pourrons potentiellement marquer le monde et le réveiller de ses dérives grâce à notre vision à chemin entre l’ancien et le nouveau monde.

Publié dans: Non classé

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